Les dessous du maintien des sanctions
par tufci, le 24 Octobre 2007 à 19:51
Le chef de l’Etat Laurent Gbagbo devrait être bien embêté. Il avait fait des recommandations aux Nations unies lors de la dernière assemblée générale qui s’est tenue le 26 septembre 2007. Mais l’essentiel de ces recommandations n’a pas été pris en compte par le Conseil de sécurité : levée partielle de l’embargo sur les armes, levée des sanctions individuelles, baisse de l’indice de sécurité. Ce nouveau rapport de l’ONU que Soir Info a publié, lundi, laisse comprendre que les propositions faites par Laurent Gbagbo sont restées lettres mortes. Le groupe d’experts, auteur du rapport, a évoqué deux conditions qui n’avaient pas été remplies par les acteurs ivoiriens et qui laisseraient planer des menaces potentielles sur le processus de paix. “ La première condition, explique le groupe, réside dans la réalisation intégrale du programme de désarmement des combattants et de démantèlement des milices ainsi que prévue notamment par l’article 3.2 de l’Accord de Ouagadougou ”. “ La seconde condition, poursuit le groupe d’experts, consiste dans un redéploiement de l’administration au sein des zones administrées par les Forces nouvelles qui soit accompagné par le retour concomitant de l’autorité étatique sous toutes ses composantes”. Disons que l’ONU ne serait pas satisfaite des actions réalisées sur le terrain par les Ivoiriens. Le secrétaire général Ban Ki Moon avait, lui, déploré le 1er octobre, les retards dans le démantèlement des milices, le désarmement des combattants et le processus électoral. M. Ban avait souligné, dans un rapport sur la Côte d’Ivoire, la précarité des progrès réalisés dans le domaine de la sécurité et la persistance des violations des droits de l’Homme. Des raisons, au delà de celles invoquées par le groupe d’experts et le secrétaire général de l’Onu, pourraient expliquer la position des Nations unies. Premièrement, le Conseil de sécurité ne semble pas accepter que le processus de sortie de crise, au fil des semaines, en arrive à lui échapper. La stratégie des ex-bélligérants de résoudre le conflit ivoirien au niveau africain n’a peut-être pas été du goût de certains membres du Conseil de sécurité. Ils y voient une perte d’influence, la mise à l’écart progressive de la communauté internationale synonyme d’échec de la part de celle-ci. S’ils avaient voulu demeurer dans la logique africaine de la résolution de la crise en Côte d’Ivoire, les experts onusiens auraient préconisé la levée des sanctions individuelles. L’accord politique de Ouagadougou, entériné par la CEDEAO et l’Union africaine, a demandé en son point 6.4, au Conseil de sécurité des Nations unies de lever les sanctions individuelles frappant les acteurs de la crise ivoirienne.
L’ombre de la France
Sept (7) mois après la signature de l’accord de Ouaga, il serait difficile de ne pas admettre que des efforts ont été faits sur le terrain qui ont concouru à une relative accalmie. Les personnes faisant l’objet de sanctions (Charles Blé Goudé, Eugène Djué et Kouakou Fofié) sont, toutes, aujourd’hui, engagées dans le processus de paix et en ont fait la preuve à travers des déclarations et autres actions de paix. Deuxièmement, la position des Nations unies laisse entrevoir que des pays au Conseil de sécurité ont une grande influence sur les décisions prises s’appliquant à la Côte d’Ivoire. La France- cela ne fait aucun mystère- s’est attribuée l’exclusivité des projets de résolutions concernant la Côte d’Ivoire de sorte que l’ombre de l’Etat français plane, à chaque fois, sur les décisions applicables à la Côte d’Ivoire. Au lendemain de la publication du rapport des experts onusiens, le secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie de la France, M. Jean-Marie Bockel, a appelé les parties ivoiriennes à tenir leurs engagements et à établir un nouveau calendrier de sortie de crise. M. Bockel a estimé que les gestes symboliques constatés jusqu’à présent restaient insuffisants. Les propos de Jean-Marie Bockel traduisent éloquemment l’idée que se fait la France de la situation en Côte d’Ivoire. Et l’idée que se fait la France, c’est très souvent l’idée que se font les autres membres du Conseil. L’ambassadeur ivoirien auprès des Nations unies est sorti de ses gonds dans un texte publié par la presse. Son Excellence Alcide Djédjé a dénoncé l’accaparement de la crise ivoirienne par l’Etat français : “ Il faut se rappeler qu’en 2004, l’idée des sanctions contre la Côte d’Ivoire est partie de l’Union africaine. Aujourd’hui, la CEDEAO et cette même Union africaine demandent la levée de ces sanctions. Pourquoi la France s’acharne-t-elle sur la Côte d’Ivoire et certains de ses acteurs politiques ? L’objectif est-il de les punir ? ”. S.E. Alcide Djédjé a suggéré que les trois membres africains du Conseil de sécurité puissent avoir l’initiative des projets de résolution sur la Côte d’Ivoire. Le diplomate sera-t-il suivi ? Rien n’est moins sûr.
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Tags : ivoire, cote, sanctions, securite, conseil
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#127 Octobre 2007 à 13:50HouphouëtCet article de faire valoir, pour ne pas dire de valet de Gbagbo, assassin notoire est une honte. Comme toujours, c'est le méchant blanc qui a tort ... Si le désir de se voir exonéré de sanctions est tellement forty, c'est peut-être que celles-ci ont une certaine efficacité ? Raison de plus pour les maintenir ! Depuis 5 ans, Gbagbo se moque de son peuple, bien sûr (mais c'est moins grave) de la communauté internationale, organise des milices armées, fait assassiner, et parce qu'il fait des bons mots (non suivis d'actions), il faudrait supprimer les petites sanctions ? Minable !
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